Trucs et astuces

La cuisson des légumineuses

 Quand on est végétalien, les légumineuses sont généralement une base importante de l’alimentation – associées avec des céréales, elles permettent une complétude des acides aminés essentiels contenus dans les protéines végétales (car il suffit qu’un seul acide aminé fasse défaut pour que l’utilisation de la protéine soit compromise). Les légumineuses sont des aliments de toute façon un peu trop oubliés dans l’alimentation au quotidien ; elles sont riches en protéines, en fibres, en minéraux et seraient indiquées dans la lutte de prévention contre le cancer du côlon. Elles ont de surcroît des goûts savoureux, très différents les unes des autres. Que de bonnes raisons d’en manger !
Je vous indique ici les règles de base et les temps de cuisson afin de consommer au mieux les diverses légumineuses principales.
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Conseils de base : la préparation

– Laissez tremper ! (selon les variétés de légumineuses) Comptez trois volumes d’eau pour un volume de légumineuses. Je donne un indicatif de 10h mais vous pouvez très bien les laisser tremper 24h (auquel cas, mettez-les au frais pour éviter la fermentation). La variante 2 de cuisson fait l’impasse sur le trempage mais je n’ai jamais testé cette technique, je la rapporte juste parce que je sais qu’elle existe. A l’occasion…
Il faut noter que selon la qualité et l’âge des légumineuses (plus elles sont vieilles, plus elles sont dures), le temps de cuisson sera à adapter, je donne ici un temps indicatif.

– Utilisez une grande casserole ou un grand faitout. Les légumineuses ont tendance à mousser énormément, même lorsqu’on jette la première eau de cuisson, alors ne vous faites pas avoir avec du jus de cuisson plein la gazinière… prévoyez large !

– Ne salez pas les légumineuses en début de cuisson mais seulement à la fin. Le sel rigidifie l’enveloppe extérieure et prolonge inutilement la cuisson. Vous pouvez cependant mettre des herbes, des aromates ou encore 10cm d’algue kombu, qui diminue un peu le temps de cuisson (elle se trouve en magasin bio. N’ayez pas peur de l’odeur d’algue pendant la cuisson, ça ne donnera aucun goût aux légumineuses).

– Ajoutez une pincée de bicarbonate de sodium lors de la cuisson afin de rendre les légumineuses plus digestes. Attention, car le bicarbonate détruit la thiamine (vitamine B1). Le choix de mettre ou non du bicarbonate dépend de votre capacité de digestion des légumineuses. Si vous les digérez bien, ne mettez pas le bicarbonate.

Variante de cuisson 1
Faites tremper vos légumineuses dans de l’eau salée (1 l d’eau – 1 CS de sel). Puis, jetez l’eau de trempage, rincez, mettez dans une casserole d’eau. Portez à ébullition, laissez cuire 15 minutes, puis jetez l’eau de cuisson (dessalage). Remettez les légumineuses dans une grande casserole d’eau, reportez à ébullition et laissez cuire le reste du temps. C’est plus de boulot, mais les légumineuses seront plus tendres.

Variante de cuisson 2
On ne fait pas tremper, car cela serait à l’origine de la mauvaise digestion. Lavez les légumineuses et mettez-les dans un grand fait-tout où ils seront recouverts de 20 cm d’eau froide. Amenez-les, couverts, très lentement à ébullition : 45 mn au moins. Dès que l’ébullition est atteinte, éteignez le feu et laissez tiédir. Ils vont doubler de volume. Égouttez-les, jetez l’eau, remettez-les dans le fait-tout, couvrez-les largement d’eau bouillante, ajoutez les aromates et les légumes, salez, couvrez. Dès l’ébullition atteinte, baissez le feu pour laisser cuire à petits bouillons jusqu’à cuisson complète, 1h à 1h15 suivant la qualité des haricots. Vous obtiendrez ainsi des haricots non éclatés, prêts à accommoder vos plats.
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La conservation

– Les légumineuses se conservent deux à trois jours au réfrigérateur.

– Les légumineuses peuvent se congeler et se garder deux à six mois (même s’il vaut mieux les consommer au plus vite, et que la congélation est toujours un peu dommageable nutritionnellement parlant, en terme de perte de vitamines et minéraux. Mais au vu du temps de cuisson, il faut admettre qu’il peut être très pratique d’en cuire une grande quantité et congeler ensuite – à vous de voir. Laissez bien refroidir les légumineuses avant de les congeler.

 


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Les haricots rouges
Temps de trempage : 10h – 12h
Après trempage, jetez l’eau de trempage et rincez les haricots. Mettez-les dans une grande casserole d’eau froide non salée avec une pincée de bicarbonate de sodium (ou faites sans, si vous digérez bien les légumineuses, le temps de cuisson sera juste un peu rallongé). Portez à ébullition, ramenez à petits bouillons et laissez cuire de 1h à 1h30.

 


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Les haricots blancs
Temps de trempage : 10h -12h
Après trempage, jetez l’eau de trempage et rincez les haricots. Mettez les dans une grande casserole d’eau froide non salée avec une pincée de bicarbonate de sodium (ou faites sans, si vous digérez bien les légumineuses, le temps de cuisson sera juste un peu rallongé). Portez à ébullition, ramenez à petits bouillons et laissez cuire de 1h à 1h30.

 


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Les haricots noirs
Temps de trempage : 10h -12h
Après trempage, jetez l’eau de trempage et rincez les haricots. Mettez les dans une grande casserole d’eau froide non salée avec une pincée de bicarbonate de sodium (ou faites sans, si vous digérez bien les légumineuses, le temps de cuisson sera juste un peu rallongé). Portez à ébullition, ramenez à petits bouillons et laissez cuire de 1h30 à 2h.
L’eau de cuisson va devenir noire, c’est normal !

 


flageolets

Les flageolets
Temps de trempage : 10 -12h
Après trempage, jetez l’eau de trempage et rincez les haricots. Mettez les dans une grande casserole d’eau froide non salée avec une pincée de bicarbonate de sodium (ou faites sans, si vous digérez bien les légumineuses, le temps de cuisson sera juste un peu rallongé). Portez à ébullition, ramenez à petits bouillons et laissez cuire de 1h30 à 2h.


haricots-mungo

Les haricots mungo
Temps de trempage : non
Rincez soigneusement les haricots mungo. Mettez les dans une grande casserole d’eau froide non salée avec une pincée de bicarbonate de sodium (ou faites sans, si vous digérez bien les légumineuses, le temps de cuisson sera juste un peu rallongé). Portez à ébullition, ramenez à petits bouillons et laissez cuire 30 à 45 minutes.

 


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Les lentilles corail
Temps de trempage : non
Rincez soigneusement les lentilles à l’eau claire, puis mettez les dans une grande casserole d’eau non salée. Portez l’eau à ébullition et laissez cuire 10 à 15 minutes à petits bouillons – salez sur la fin de cuisson. (et surveillez la fin de cuisson pour ne pas vous retrouver avec une vraie purée de lentilles corail…)


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Les lentilles vertes
Temps de trempage : non
Rincez soigneusement les lentilles à l’eau claire, puis mettez les dans une grande casserole d’eau non salée. Portez l’eau à ébullition et laissez cuire 10 à 15 minutes à petits bouillons – salez sur la fin de cuisson

 


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Les pois cassés
Temps de trempage : 1h
Après trempage, jetez l’eau de trempage et rincez à l’eau claire. Mettez les pois dans une grande casserole d’eau et portez à ébullition. Laissez cuire les pois cassés 30 minutes environ (idéal avec un bouquet d’herbes aromatiques, et salez sur la fin de cuisson).


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Les pois chiches
Temps de trempage : 10h -12h
Après trempage, jetez l’eau et rincez les pois chiches à l’eau claire. Mettez-les dans une grande casserole d’eau et portez à ébullition. Ramenez à petits bouillons et laissez cuire 1h30.

Trucs et astuces

La cuisson des céréales

Quelque chose de chouette quand je suis devenue végétarienne puis vegan, c’est la découverte de plein de céréales que je n’utilisais pas du tout avant ça (ce qui est en fait super dommage, on peut intégrer toutes ces céréales à n’importe quel type d’alimentation (hormis le sans gluten pour certaines graines). A vrai dire, je ne les connaissais que de nom, croisés dans la littérature du XIXeme. On gagnerait pourtant beaucoup à consommer davantage de céréales, au lieu des traditionnelles pâtes et riz blanc. Le temps de cuisson est généralement plus long mais d’une part, pas systématiquement, et de deux, ça en vaut vraiment la peine : elles sont beaucoup plus intéressantes sur le plan nutritionnel car moins « travaillées » et raffinées. Elles sont satiétogènes, améliorent le transit et il semblerait de plus qu’elles augmentent le métabolisme basal. Ok, vous aurez peut-être l’air de végé-bobo-écolo quand vous proposerez une salade duo de quinoas roquette noisettes et pignons de pin en lieu et place d’un jambon coquillette, mais franchement hein, qui c’est qui a le plus la classe ?
Je vous indique ici les modes de préparation et temps de cuisson des céréales les plus utilisées.
Testé et approuvé !

Conseils divers

 On compte un volume de céréales sèches et non après rinçage ou trempage.
• Le temps de cuisson se compte à partir du moment où on a porté ou reporté l’eau à ébullition.
• Vérifiez les temps de cuisson indiqués sur vos paquets. Parfois les céréales sont précuites ou décortiquées, ce qui peut changer le temps de cuisson que je rapporte ici.
• Vous pouvez cuire ces céréales avec des herbes aromatiques ou des bouillons cubes pour assaisonner.
• Ajouter 10cm d’algue kombu peut permettre de raccourcir la cuisson de quelques minutes.
• Pour les cuissons longues (plus de 20 minutes), il est conseillé de bien surveiller la fin de cuisson car il peut être nécessaire de réajuster la quantité d’eau afin que la graine ne brûle ni n’attache.
•  Pour une absorption maximale des protéines, il est conseillé de consommer 2/3 de céréales pour 1/3 de légumineuses. Honnêtement je ne calcule jamais aussi précisément, mais vous ne pourrez pas dire que je n’ai pas fait passer l’info !


epeautre

Le petit épeautre
Un volume d’épeautre pour deux volumes d’eau.
Trempage :  Idéalement, faites-le tremper une nuit dans un grand volume l’eau – cela diminuera le temps de cuisson d’environ dix minutes et baissera son taux d’acide phytique (qui nuit à l’absorption du calcium).
Le lendemain, égouttez et rincez soigneusement l’épeautre. Faites bouillir l’eau dans une casserole et jetez-y la céréale. Salez et laissez cuire de 45 minutes à 1h (selon que l’épeautre ait trempé ou non). Coupez le feu, couvrez la casserole et laissez gonfler l’épeautre pendant une dizaine de minutes.


orge

L’orge
Un volume d’orge pour deux volumes d’eau.
trempage : idéalement une nuit
Mettez l’orge dans une casserole et couvrez-le d’eau froide. Portez l’eau à ébullition, salez et laissez cuire à tout petit bouillon pendant 30 minutes, jusqu’à ce que l’orge ait absorbé toute l’eau (au moins 45 minutes sans trempage). Coupez le feu, couvrez la casserole et laisser reposer un quart d’heure sans remuer.


sarrasin

Le sarrasin
Un volume de sarrasin pour  deux volumes d’eau
Pas de trempage (mais rincez-le à l’eau courante)
Portez l’eau à ébullition dans une casserole et ajoutez le sarrasin. Baissez le feu, salez et laissez cuire le sarrasin pendant dix minutes. Coupez le feu, couvrez la casserole et laissez gonfler 1/4 d’heure. La cuisson est terminée lorsque le grain est cuit mais encore ferme sous la dent.


rice-grains

Le riz blanc
Un volume d’eau pour deux à trois volumes d’eau
Pas de trempage, mais rincez-le à l’eau courante.
Porter l’eau d’une casserole à ébullition et ajoutez le riz. Laissez cuire à petit feu pendant 15 minutes environ (selon les types le temps de cuisson varie, fiez-vous aux indications sur le paquet).


riz-complet

Le riz complet
Un volume d’eau pour deux à trois volumes d’eau.
Pas de trempages, mais rincez-le à l’eau courante.
Porter l’eau d’une casserole à ébullition et ajoutez le riz. Laissez cuire à petit feu pendant 45 minutes environ.


 

boulgout

Le boulgour
Un volume de boulgour pour deux volumes d’eau.
Pas de trempage (mais rincez-le à l’eau courante)
Portez l’eau à ébullition dans une casserole. Jetez-y le boulgour, baissez le feu, salez et laissez cuire jusqu’à ce que la céréale ait absorbé l’eau (de 10 à 15 minutes)


quinoa-1

Le quinoa (blanc ou rouge)
Un volume de quinoa pour deux volumes d’eau.
Pas de trempage (mais rincez-le à l’eau courante, très soigneusement)
Portez l’eau à ébullition dans une casserole et ajoutez le quinoa. Baissez le feu, salez et laissez le quinoa absorber l’eau (10 à 15 minutes). Coupez le feu, couvrez la casserole et laissez gonfler une petite dizaine de minutes.


millet

Le millet
Un volume de millet pour deux à trois volumes d’eau.
Pas de trempage, mais rincez-le à l’eau courante.
Portez l’eau à ébullition dans une casserole. Ajoutez le millet, baissez le feu, salez et laissez cuire 20 minutes environ.
Variante : laissez cuire 10 minutes puis coupez le feu, couvrez et laissez gonfler 20 minutes.  (je préfère la première façon).


kamut

Le kamut
Un volume d’eau pour quatre volumes d’eau.
Trempage : une nuit.
Portez l’eau à ébullition dans une casserole, ajoutez le millet. Baissez le feu, salez et laissez cuire au moins une heure. (la cuisson est terminée lorsque le grain est cuit mais encore ferme sous la dent)


 

polenta

La polenta
Un volume de polenta pour quatre volumes d’eau.
Portez l’eau à ébullition dans une casserole. Salez et jetez la polenta en pluie, en remuant bien avec un fouet pour éviter les grumeaux. Baissez le feu et laissez cuire la polenta 15 minutes environ (fiez-vous aux indications sur le paquet, le temps de cuisson peut changer significativement selon la mouture de la graine.) Elle est cuite lorsqu’elle se détache des bords de la casserole et qu’elle suit le mouvement de la cuillère. Gardez de l’eau très chaude à côté de vous dans l’éventualité où vous la cuiriez par mégarde un peu trop longtemps, pour pouvoir la rediluer.
Variante : vous pouvez utiliser un mélange 50% d’eau et 50% de lait, et ajouter une noix de margarine sur la fin de cuisson.


 

semoule

La semoule de blé
Un volume de semoule pour un volume d’eau.
Mettez un volume de semoule dans un récipient. Portez à ébullition le volume d’eau (salée) et versez-le immédiatement sur la semoule. Mélangez avec une fourchette deux ou trois fois jusqu’à ce que la semoule soit cuite – 5 minutes.
Variante : mettez un (demi) bouillon cube dans l’eau avant de la verser sur la semoule, selon l’assaisonnera très agréablement. Une fois l’eau et la semoule mélangées, vous pouvez mettre une noix de margarine  ou un filet d’huile d’olive.


 

Trucs et astuces

Trucs et astuces : comment optimiser le goût de ses gratins !

La préparation des gratins.

On est en hiver, la période des gratins par excellence. Je vais donc vous indiquer un p’tit truc sur les gratins, afin de les apprécier au mieux.

Je conseille vraiment de préparer le gratin deux à trois heures avant de le manger. Ou 12h, ou 24h avant d’ailleurs, mais enfin, idéalement, ne préparez pas votre gratin dans le but de le manger dans la foulée, dix minutes après l’avoir extrait du four.
Car un bon gratin est un gratin qu’on savoure tiède ou qu’on réchauffe, mais certainement pas celui qu’on sort bouillant du four et qu’on mange en ayant l’impression d’être des nains à Forgefer, les larmes aux yeux et en soufflant dessus comme si on voulait refroidir une épée qui vient d’être forgée. Se brûler la langue, ça n’est pas agréable. Déjà ça fait mal, et en plus on atomise les papilles pour plusieurs heures – quand ce n’est pas carrément un jour ou deux. Ce qui, tout le monde en conviendra, n’est pas terrible pour percevoir ensuite les goûts…
Quand bien même vous n’auriez pas brûlé vos papilles sur ce gratin trop chaud, il faut savoir que les aliments trop chauds ne permettent pas aux goûts de se diffuser et d’être pleinement appréciés par les papilles, justement parce qu’ils les « anesthésient », même si on ne va pas jusqu’à la brûlure franche. Toute la bouche est sensible aux différentes saveurs (contrairement à ce qui a pu être dit par certains scientifiques, comme quoi la carte des saveur de la langue obéirait une répartition des goûts : sucré devant, salé au fond, amer sur le côté, gna gna gna. Non, toutes les papilles perçoivent presque uniformément tous les types de goûts* (avec une large acuité et préférence pour le sucré et le salé, ne nous leurrons pas), donc manger « du bout de la langue », c’est un peu du gâchis. Il vaut mieux manger tiède ou à peine chaud, histoire de bien en profiter.
D’ailleurs, lorsque le gratin est trop chaud, les parts qu’on sert ne se tiennent pas, font « sploutch » dans l’assiette ou le bol. Ce n’est pas très esthétique, ça se mange mal à la fourchette, et ça se répand dans le plat. Une autre bonne raison de le laisser refroidir un peu (voire complètement, car quand on le réchauffe, il ne reprend pas cette texture très liquide).

Donc, mieux vaut préparer son gratin un peu à l’avance et le laisser tranquillement dans le four tiède (puis froid), où les saveurs continueront de diffuser et de se marier les unes aux autres. On leur laisse une petite lune de miel après leur brûlante nuit de noce à 200°C. Eh, qui a dit que la cuisine n’était pas une affaire d’amour ?

Et s’il ne fait pas spécialement chaud, le conserver 24h au four au lieu du frigo ne pose aucun problème (les joies du végétal!)

* Je conseille à ce propos l’excellent livre de Michael Moss (prix Pulitzer), Sucre sel et matières grasses, comment les industriels nous rendent-ils accros ? qui vaut son pesant de cacahuètes.
* L’image illustrant cet article vient du blog Vie en vegan, qui nous propose ici un gratin de légumes tout à fait affriolant.

Trucs et astuces

Comment bien choisir son avocat

Ah ah, on ne pouvait pas s’attendre à tomber sur un blog « Sur les traces de l’Avocat » et ne pas tomber sur un article qui explique comment choisir un bel avocat
Choisir un avocat n’est vraiment pas chose facile : généralement, on se dirige plein d’espoir vers le rayon fruits et légumes du magasin, on regarde le prix, on grimace, on en prend un ou deux qui ont l’air à peu près bien, quoi que pas mûrs du tout. On rentre chez soi, on les pose quelque part, on les vérifie le lendemain : pas mûrs, le surlendemain : pas mûrs, trois jours plus tard: pas mûrs, quatre jours plus tard : pas mûrs, cinq jours plus tard, on les coupe : pourris. On râle, on les jette et on se dit qu’on ne se fera plus avoir. Et le mois d’après ça recommence.
Alors, pour ne plus subir de telles déconvenues :

Chez le primeur
Lorsque vous prenez l’avocat, n’appuyez pas avec le pouce ou deux doigts pour voir s’il est mûr ; exercez une pression avec l’ensemble de la main pour évaluer sa densité. Idéalement, il doit être souple mais ferme – s’il est bien noir, très souple et qu’il semble mûr, je vous assure qu’il est pourri et que vous prenez un gros risque en le choisissant.
L’avocat doit avoir une couleur et une souplesse homogène sur l’ensemble de sa surface. Si une partie semble plus foncée ou plus dure qu’une autre, il faut éviter de le choisir – il sera sans doute au mieux talé, au pire fibreux.

Globalement, on peut dire qu’ils ne sont pas mûrs lorsqu’ils sont verts, et noirs lorsqu’ils sont mûrs – mais pas forcément assez. Je les prends toujours relativement verts, il vaut mieux les laisser mûrir tranquillement chez soi, loin des gens qui posent leurs pattes dessus. Mais il ne faut pas les prendre trop verts non plus, car s’ils ont été talés, ça ne se verra que trop tard.

Idéalement, achetez un avocat avec son pédoncule, ce qui vous permettra d’avoir un aperçu de l’intérieur lorsque vous voudrez le couper (l’avocat, pas le pédoncule).

Petite blague au passage.
Je vais au marché à Noailles pour faire une recharge en fruits et légumes. Je passe mon panier chargé d’articles en caisse, un peu dans la lune.
Lui :  Oh oh, vous avez fait des bêtises ?

Moi : Hein ?
Lui : Oui, vous avez fait des bêtises !
Moi: Euhnon ? *gros air de je ne comprends pas*
Lui : Parce que vous avez pris des avocats !
[je ne sais pas qui avait l’air le plus dépité, lui ou moi. Oui bon ça va, je me doute que vous aviez compris, vous, mais aussi, c’est un article spécial sur les avocats…]

Une fois chez vous
Une fois acquis votre précieux, rentrez chez vous et choisissez le mode de conservation selon l’utilité que vous comptez en avoir.
• Si vous voulez le consommer rapidement, laissez-le mûrir un ou deux jours à l’abri de la lumière (davantage s’il était très vert, le temps de maturation peut aller jusqu’à une semaine mais faites attention car l’avocat reste consommable très peu de temps à compter du moment où il est effectivement mûr.).Pour faire mûrir les avocats plus rapidement, comme pour les autres fruits, placez-les à côté d’une pomme ; la pomme et la banane dégagent de l’éthylène, qui accélère le processus de maturation.
• Si vous avez prévu de ne pas le manger immédiatement, vous pouvez le conserver au frais, en l’isolant des pommes et des bananes (mais je trouve la gestion de la maturation beaucoup plus difficile si vous passez par la case frigo)

Lorsque vous appuierez délicatement près de la tête, plus ce sera tendre, plus il sera mûr. Vous pouvez aussi secouer l’avocat, si vous entendez le noyau c’est qu’il est à point (mais je ne me suis jamais fiée à cette technique, personnellement les noyaux d’avocats ne me parlent pas).

Pour vérifier son intérieur, vous pouvez ôter le pédoncule.

astucepoursavoircommentchoisirlesavocats

Lorsque vous coupez l’avocat et que vous constatez qu’il n’est pas mûr, vous pouvez le badigeonner de jus de citron, le refermer, l’envelopper dans du papier alu ou film et le mettre au réfrigérateur, le but étant ici de le laisser finir de mûrir en le protégeant au maximum de l’oxydation.
Procédez de la même façon si vous voulez conserver une moitié d’avocat (gardez au frais celle avec le noyau).
Certains conseillent de le laisser à côté d’un oignon, qui rempli la même fonction d’anti oxydant, mais l’avocat prendra le goût de l’oignon.

Pour retirer le noyau sans saloper la moitié où il s’est incrusté, donnez un petit coup sec sur le noyau avec la lame d’un couteau en tenant fermement la moitié d’avocat dans le creux de votre main. La lame va rester fichée dans le noyau ; imprimez un mouvement de rotation à la lame pour extraire facilement le noyau.

Mon conseil préparation : le guacamole !


Ce moment où tu trouves l’avocat parfait au supermarché


Un petit tour des variétés d’avocats.

Les avocats Bacon. Ils sont de taille moyenne avec un poids variant entre 150g et 350g. Ils sont de forme plutôt ovale et ont une peau verte et fine.
La saison des bacon est fin d’automne – printemps ; c’est un avocat d’hiver.

Les avocats Fuerte. Ils sont de taille moyenne à grosse, avec un poids allant de 150g à 400g. Ils ont une forme de poire et leur peau est également verte, fine et lisse.
Ce sont également des évocats d’hiver.

Les avocats Gwen. Ils sont de taille moyenne à grosse, avec un poids variant entre 150g et 450g. Ils sont renflés, plutôt ovales et à peau épaisse, qui sera à maturité souple et verte, légèrement bosselée.
Leurs saisons sont fin d’automne début de printemps.

Les avocats Hass. Ils sont de taille moyenne à grosse, de forme plutôt ovale et leurs poids vont de 150g à 350g, avec une peau verte foncée, voire violette.

Les avocats Lamb Hass. Ils sont plutôt gros et leurs poids varient entre 300g et 550g. Ils ont une forme de poire et sont bien symétriques, leur peau est identique.
Les deux variétés Hass sont cultivées toute l’année.

Les avocats Pinkerton. Ils sont plutôt allongés et en forme de poire. Ils pèsent entre 200g et 500g et deviennent verts foncés en mûrissant.
On peut les consommer du début d’hiver juq’au printemps.

Les avocats Reed. Ils sont de taille petite à moyenne. Leurs poids varient entre 200 et 500 grammes et ils sont de forme plutôt ronde.Ils gardent une peau verte et épaisse à maturité, avec un relief de petites bosses.
Les saisons des Reed sont l’été et début d’automne.

Les avocats Zutano. Ils sont de taille moyenne à grosse, pesant entre 170 et 400 grammes. Ils sont marron clair et en forme de poire.Ils deviennent jaunes-verts à maturité.
Ce sont des avocats de fin d’été, début d’hiver.

Trucs et astuces

Le truc du lundi : le lait de soja alpro

Alpro, c’est une marque belge sur laquelle je suis décidément (et de plus en plus) mitigée. Ça propose une alternative au lait animal et leurs prix sont parfois plus intéressants (selon les variétés, pour l’amande en tous cas). Les gens peuvent ainsi voir qu’il existe une large gamme de laits végétaux13 qui peuvent remplacer avantageusement le lait de vache. Les laits végétaux Alpro sont garantis sans OGM, sans colorants et sans conservateurs, mais ne sont pas certifiés bio. De plus, ils rajoutent hélas trop d’ingrédients dont on se passerait bien à leurs boissons – mais aussi de la B12. Ça, du coup, c’est plutôt chouette.
Du positif donc, mais des choses à améliorer. Même si de toute façon à mon sens, il vaudra toujours mieux consommer ce genre de lait que du lait de vache plein d’antibio, de pus, de matières fécales et tutti quanti.
Je n’utilise en général que leur lait d’amande * mais suite à une promotion, j’ai pu tester le lait de soja et surprise, il a le goût des œufs au lait. Pour un truc sans œuf ni lait, c’est assez fort.

* On peut bien sûr faire le lait d’amande soi-même, mais pour le coup, ça revient un peu (ou beaucoup) plus cher. Mais il n’y a pas l’emballage. Et moins de saletés dedans.
Que la vie est dure et compliquée. Pfuit.

Trucs et astuces

Le truc du lundi : le jus de citron

Mais pas n’importe comment ! Le jus de citron le matin, à jeun, avec de l’eau tiède. 
A jeun parce qu’il a ainsi tout son potentiel et toute son efficacité. L’eau tiède, c’est parce que c’est d’une part meilleur, et d’autre part c’est mieux toléré par l’estomac (puis par les intestins, ai-je la forte impression. J’ai aussi l’impression d’être en train d’écrire un papier bidon dans une rubrique beauté un peu naze pour un magazine féminin à la noix, mais bon, je le pratique depuis un bon moment déjà et je peux l’affirmer, le jus de citron le matin à jeun, c’est bien, surtout en hiver. Même si ça ressemble au geste beauté farfelu d’une actrice Hollywood un peu perchée.)

Pour les défenses immunitaires
Le citron est riche en vitamine C et en potassium (il contient aussi des vitamines A et E, c’est toujours bon à prendre). La vitamine C lutte efficacement contre le rhume, et le potassium contribue à un bon fonctionnement des activités cérébrales et nerveuses. Comme le jus d’un citron contient à peu près un tiers de notre apport journalier recommandé en vitamine C, on pourrait presque le bombarder fruit anti-rhume. En tous cas, les miens ne durent jamais plus de deux-trois jours. Et il est de surcroît très utile pour traiter les infections de la gorge.

Pour la peau
La vitamine C, contenue dans le citron contribue à éliminer les rides et les imperfections de la peau. Il contient également des flavonoïdes, antioxydants qui luttent pour leur part contre le vieillissement des cellules et neutralisent les radicaux libres.
Et par ailleurs, s’hydrater le matin au saut du lit c’est de toute façon bon pour la peau, qu’on se le dise.

Pour la digestion
Le citron, riche en minéraux et en oligo-éléments (fer, calcium, phosphore, magnésium, potassium, cuivre…) favorise l’élimination des déchets lors de la digestion, et c’est également un diurétique léger, permettant de lutter contre la rétention d’eau. Riche en pectine, il va permettre d’étaler sur une plus longue période la chute des sucres dans le sang après la digestion, équilibrant la glycémie. Il semblerait que ce soit un coupe-faim naturel, même si pour ma part je n’ai rien spécialement remarqué de tel.
L’eau chaude quant à elle favorise des contractions musculaires régulières et saines nécessaires à une bonne digestion (en vrai, ça s’appelle le péristaltisme mais personne n’arrive à le prononcer sans avoir l’air de se livrer à un exercice orthophonique). En bref, vous allez correctement à la selle.
Ouais d’accord, péristaltisme c’est plus classe.

Pour l’équilibre acido-basique
Le corps produit de l’acidité, énormément de choses qu’on consomme produisent de l’acidité (viandes, sucre, laitages…), bref, on a tôt fait de se retrouver avec un terrain acide. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le citron va quant à lui alcaliniser le corps. Je vous sens perplexe parce qu’il tombe sous le sens que le citron est un fruit acide, mais l’acide citrique n’est pas facteur d’acidité une fois dans métabolisé. Par contre, l’orange a l’effet inverse : miser sur le jus de citron au lieu du jus d’orange le matin se révélera donc plus judicieux. (A moins que vous ne soyez neuro-arthritiques, auquel cas le jus de citron est déconseillé).


La préparation est très simple, on prend de l’eau tiède, on presse un demi citron, on essaye de retirer les pépins qui ont coulé au fond du verre et on boit le tout (sans les pépins, j’ai dit).
Il est vrai qu’on peut être au début incommodé par l’acidité de la préparation ; je conseille auquel cas de l’agrémenter d’une cuillère à soupe de sirop d’érable ou de sirop d’agave.
(Le sucre blanc, ça acidifie, et le miel, c’est aux abeilles, merci pour elles.)

Mais au final, on s’y fait très bien, et ça finit par devenir un automatisme très plaisant : On a l’impression de bien préserver sa santé en faisant un truc tout simple, ce qui est en soi une bonne façon de commencer la journée.
Une fois le jus ingéré, buvez encore un peu d’eau ou rincez-vous la bouche pour préserver l’émail de vos dents de l’acidité du citron.
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[Bon à  savoir, le citron vert n’est pas un citron, mais une lime! Cela dit, en temps qu’agrume très similaire, ça a plus ou moins les mêmes propriétés]

Trucs et astuces

Truc et astuces – le bicarbonate de sodium

 

Bicarbonate de sodium

Le bicarbonate de sodium, en voilà une invention qu’elle est chouette. A noter qu’elle ne date pas du tout de hier ; les égyptiens l’utilisaient déjà pour leurs rituels d’embaumement (et sans doute aussi pour récurer les dents et les toilettes, mais de cela l’histoire ne fait pas mention). Vers le dix-septième siècle, le bicarbonate était proche de la forme que nous connaissons aujourd’hui et mi dix-neuvième, on était sur la formule actuelle, grâce à deux boulangers qui trouvaient beaucoup plus malin de créer un truc béton pour la boulange plutôt que synthétiser de la coke (chacun ses passions dans la vie, mais on va quand même les remercier chaleureusement pour cette découverte).
[Fun fact : Essayez de dire « bicarbonate de sodium » aux gens, tout le monde vous reprendra en disant « bicarbonate de soude ».]

L’astuce du jour est de l’utiliser dans l’eau de cuisson des légumes. Le temps de cuisson s’en trouve (très) légèrement amélioré, la couleur des aliments reste plus vivace et les légumes deviennent beaucoup plus digestes (testé et approuvé) et perdraient leur « mauvaise odeur », notamment pour le chou fleur ou le brocolis (testé et pas approuvé plus que ça). Il suffit d’y penser ! – ce qui, me concernant, n’est pas la tâche la plus simple du processus.